La viticulture biologique

Qu’est-ce que la viticulture biologique ? Quelle réalité ?

La viticulture bio a pour objet de protéger au maximum l’écosystème (le terroir) et la santé (l’homme).

Elle résulte de la combinaison d’un ensemble de pratiques visant à valoriser les interactions entre la vigne, le sol et le climat, à travers l’utilisation de méthodes respectueuses de l’environnement. Depuis le 1er janvier 2005, le logo AB peut être apposé sur les bouteilles de vins issus des raisins produits en agriculture biologique.

Instauré en 1991, le Règlement européen des produits biologiques exclut la vinification, principalement du fait de l’absence de cahier des charges en vigueur. En attendant, la certification ne concerne pour l’instant que les raisins.

C’est la raison pour laquelle différents organismes (Fédération nationale interprofessionnelle des vins de l’agriculture biologique, Nature et Progrès, et pour la biodynamie Déméter et Biodyvin) proposent des chartes de vinification de droit privé, contrôlées pour certaines par un organisme certificateur indépendant.

Le double objectif de cette démarche volontaire est, d’une part, de faire évoluer la réglementation et d’autre part, de fournir au consommateur l’assurance de trouver des produits certifiés biologiques, de la vigne à la bouteille.

En quoi consiste la viticulture biologique ?

Les normes de production en agriculture biologique sont établies par un règlement européen (CE 2092/91) du 24 juin 1991, qui impose notamment :

–       d’avoir certifié son activité à la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt ;
–       de cultiver les vignes sans produit chimique de synthèse ;
–       de mettre en œuvre, trois campagnes durant, les règles de l’agriculture biologique avant de pouvoir utiliser la mention « vin issus de raisins de l’agriculture biologique » ;
–       d’être certifié par un organisme agréé par le Ministère de l’Agriculture.

De son côté, la viticulture biodynamique va plus loin que les normes de production de l’agriculture biologique. Elle s’impose en supplément des pratiques préventives tendant à rééquilibrer les organismes en tenant compte des influences cosmiques (lune et soleil par ex.)

Enfin, tous les vins issus de l’agriculture biologique sont contrôlés et certifiés chaque année. C’est ainsi que le taux de contrôle des viticulteurs bio est actuellement l’un des plus élevés de tous les modes de production agricole.

Quels sont les principaux points des chartes de vins bios ?

Les chartes des vins biologiques fixent les règles des différentes étapes de l’élaboration des vins selon leur type (vins rouges, blancs et rosés, champagnes, mousseux et crémants, moelleux et liquoreux, vins de liqueur et vins doux naturels), cela depuis le moût jusqu’à la mise en bouteilles, ainsi que l’ensemble et la quantité des produits pouvant intervenir à chaque phase.

  • Seuls les vins issus de raisins de l’agriculture biologique et élaborés dans le respect de la charte peuvent entrer dans l’élaboration des vins bio.
  • Seuls peuvent être utilisés, de manière minimale et raisonnée, les produits œnologiques autorisés, de préférence purs.
  • Un certain nombre de produits et de pratiques, tels que l’usage d’engrais chimiques, de pesticides de synthèse, de produits OGM ou issus d’OGM, de certains activateurs de fermentation, d’une teneur en soufre trop élevée… sont prohibés.
  • Une liste positive de produits et de pratiques apporte des solutions de remplacement à l’usage des produits prohibés.
  • Les chartes conseillent également la mise en place d’un système de traçabilité des opérations au sein de l’atelier de vinification.

Si cette démarche peut apparaître à certains comme une lourdeur administrative, elle reste la garantie d’une vraie démarche de production.

Elle est d’ailleurs aujourd’hui unanimement reconnue par l’ensemble de la filière du vin et l’augmentation, chaque année, de la superficie du vignoble bio prouve qu’elle répond à la demande croissante de méthodes respectueuses de l’environnement et de la biodiversité.

A quoi sert la viticulture biologique ?

Si l’objet premier de la viticulture biologique est le respect de l’écosystème et de la santé, d’autres développements importants viennent justifier son existence :

  • La viticulture biologique sert à élaborer des vins de qualité.

Les efforts entrepris sur la qualité, ces dernières années, produisent leurs fruits et les résultats sont là : les vins bios sont maintenant régulièrement primés dans les concours de « vins conventionnels » (Concours général de Paris, Challenge international du vin…). Ils sont légions aussi dans les guides et affichent une renommée Nationale et parfois Internationale : en Bourgogne, La Romanée Conti, Lalou Bize Leroy, Anne Claude Leflaive, en Alsace, Kreydenweiss, Humbrecht, Deiss, en Loire, Nicolas Joly (la Coulée de Serrant), le domaine Huet, Marc Angeli, en Rhône, Chapoutier, en Provence, Hauvette, des Grands Crus Classés comme Pontet Canet à Pauillac ou Fonroque à Saint Emilion… et dans un style plus « canaille » Claude Courtois, les Breton, Richaud… sans compter les découvertes de demain…

  • Elle contribue à diversifier et segmenter l’offre en vins.

La viticulture française traverse une crise « durable » et la viticulture biologique est une véritable alternative créant de nouveaux débouchés en répondant à une attente des consommateurs de produits respectueux de l’environnement.

  • Elle permet de créer et préserver des emplois.

Les pratiques culturales de la viticulture biologique rendent nécessaires un suivi régulier des vignes, des interventions raisonnées et certaines opérations manuelles qui, au total, requièrent un peu plus de main d’œuvre qu’en viticulture conventionnelle.

  • Elle aide à protéger la ressource en eau : en n’utilisant pas d’herbicide, la viticulture biologique contribue fortement à diminuer les risques de pollution des nappes phréatiques.

Qui et où sont les viticulteurs bio ?

En 2009 on décomptait 3 024 exploitations pour 17 492 ha, soit moins 2% du vignoble. A signaler 21 654 ha en conversion qui fera atteindre le chiffre de 4,4% d’ici 3 ans.

Répartition du vignoble bio en France en 2009 (Source : Agence Bio)

Nombre d’exploitations Hectares en bio % de la surface Hectares en Conversion
Champagne-Ardenne 20 62 0,5% 33
Alsace 72 463 4% 240
Bourgogne 73 418 3,5% 173
Rhône-Alpes 142 808 6,8% 309
PACA 254 2797 23,8% 584
Languedoc-Roussillon 335 3795 32,2% 1236
Midi-Pyrénées 96 219 1,9% 171
Aquitaine 218 1822 15,5% 492
Poitou-Charentes 92 660 5,6% 209
Loire 68 724 6,1% 193

* Evaluer la qualité des vins de façon critique, objective et sans parti pris semble indispensable au regard des a priori aussi bien partisans que détracteurs.

Nous pouvons retenir deux éléments de réponse :

Un test réalisé lors d’une des sessions du concours national des vins bio à l’occasion duquel nous avons glissé 15 vins en conventionnel ayant obtenu des distinctions à d’autres concours (5 médailles d’or, 2 d’argent) et dont dix d’entre eux, ont été référencés de façon très élogieuse par des Revues et Éditions de Guides Spécialisées. Seules trois médailles leur ont été attribuées.

Par ailleurs, le niveau exceptionnel reconnu mondialement par certains producteurs en bio. A titre d’exemple : en Bourgogne, Lalou Bize Leroy, Anne Claude Leflaive, en Alsace, Kreydenweiss, Humbrecht, en Loire, Nicolas Joly (la Coulée de Serrant), le domaine Huet, Marc Angeli, en Rhône, Chapoutier, en Provence, Hauvette… et dans un style plus  » canaille  » Claude Courtois, les Breton, Lapierre, Pithon, Richaud… sans compter les découvertes de demain…