Faut il vraiment croire à la vague verte dans les vignes ?

Faut il vraiment croire à la vague verte dans les vignes ?

Chaque année l’agence bio se félicite de l’avancée fulgurante des conversions bio.

Une progression importante, une vraie marée verte nous dit on.

Nous pourrions en être satisfait, si ce n’est que le chemin restant à parcourir est encore long, très long, bien trop long.

Chaque année le chiffre mirifique mis en avant est celui du pourcentage d’augmentation par rapport à l’année précédente. Ainsi entre 2016 et 2017 il y a eu 11 % supplémentaire de conversion. On a du passer d’environ 5300 domaines bio à 5835 avec donc 467 domaines supplémentaires, soit effectivement une progression de 11 %.

11 % de plus, la belle affaire. 467 nouveaux domaines bio sur 85 000 domaines viticoles (source Le Comité National des Interprofessions des Vins à appellation d’origine et à indication géographique (CNIV)) cela ne représente que 0,6 % de conversion. A ce rythme de 467 conversions par an, il faudra 170 ans avant que tous les domaines passent au bio. Et ce dans le meilleurs des cas si les conversions ne ralentissement pas, car la progression, jusqu’à présent, est en montagne russe.

Il y a quelques années, les domaines bios ne devaient être que quelques centaines.

De mémoire dans les années 96, il devait y avoir 200 viticulteurs en bio. Aujourd’hui ils ne seraient pas loin des 6 000 soit une moyenne de 265 conversions par an. En 2014, il y a eu 170 conversions alors qu’en 2017 on en compte 467. Il y a eu des accélérations et des ralentissements. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer, par exemple selon l’allocation, l’augmentation ou la réduction, de l’aide au maintien et à la conversion. Ce qui favorise, aujourd’hui, une augmentation des conversions c’est une demande toujours plus forte du consommateur qui souhaite boire plus sain. Ainsi que les nouvelles habitudes de consommation qui font que l’on boit moins, mais meilleurs et donc un peu plus cher.

Ce qui risque probablement de ralentir les conversions et le maintien en bio, c’est la réduction de l’utilisation du cuivre demandée par l’Europe. Une Europe qui, par ailleurs, traine des pieds pour interdire le glysophate . Le cuivre est le seul produit autorisé en bio pour lutter contre le mildiou. Le passage de 6 kilos en moyenne par an à 4 kilos posera un réel problème de survie en bio à 20 % des exploitations actuelles.

Mais au fait que représente la filière vin bio ? Selon l’agence bio, il y en aurait environ 6000. Selon le CNIV il y a 85 000 domaines au total, les domaines bio représentent donc 7% de l’ensemble. Maintenant en termes d’hectare, l’agence bio considère qu’il y 10 % des vignes en bio, ce qui nous semble peut probable au vu des 7 % de domaines bio. Il est fort probable que l’agence bio comptabilise les vignes qui produisent des raisins de table ?

Cette vague bio n’est finalement pas un tsunami et si l’on regarde l’ensemble de la filière agricole (vignes incluses) le bio ne représente que 6,5 % des surfaces utiles. Malgré ces chiffres, que l’on veut encourageant, l’utilisation de produits phytosanitaires n’est pas en baisse pour autant. Selon les ministères de la transition écologique et de l’agriculture l’année 2013 voit une hausse par rapport à 2012. « Sa valeur moyenne triennale 2014-2016 a même augmentée de plus de 12 % par rapport à la moyenne triennale 2009-2011 ». Une belle progression qui se consolide dans la même proportion en 2017 avec 12,4 % d’augmentation.

Vous reprendrez bien un peu de produit phytosanitaire ?